Installer un parquet pour salle de bain n’est pas une idée farfelue, à condition de choisir la bonne essence, la bonne finition et la bonne technique de pose. Ce revêtement apporte une chaleur que le carrelage n’offre jamais, mais il demande des précautions précises face à l’humidité ambiante.
La réponse tient en quelques mots : privilégiez un bois exotique naturellement résistant comme le teck, le bambou ou le wengé, associé à un traitement hydrofuge et à une pose adaptée (collée de préférence, ou en pont de bateau avec joints étanches). Un stratifié hydrofuge peut aussi convenir pour un budget plus serré. Voici comment faire les bons choix, essence par essence, traitement par traitement.
Pourquoi choisir du parquet pour une salle de bain ?
Le parquet séduit par son esthétique chaleureuse et sa capacité à créer une continuité visuelle avec le reste du logement, contrairement au carrelage traditionnel (voir notre méthode pour peindre le carrelage de sa salle de bain si vous hésitez entre les deux revêtements). Contrairement aux idées reçues, un parquet bien choisi et correctement posé supporte très bien les projections d’eau, les variations de température et l’humidité ambiante d’une pièce humide comme la salle de bain.
La durabilité dépend cependant entièrement de la qualité des matériaux et de la pose. Un parquet mal préparé gonflera, se déformera ou se décollera en quelques mois. Ce n’est donc pas un revêtement à improviser.
Les essences de bois adaptées aux pièces humides
Bois exotiques : teck, bambou, wengé
Le teck reste la référence pour les sols exposés à l’eau, grâce à sa teneur naturelle en huiles qui repousse l’humidité. Le bambou, techniquement une graminée mais traité comme un bois, offre une excellente résistance et une esthétique claire très appréciée dans les petites salles de bain. Le wengé, plus sombre et dense, apporte un rendu contemporain tout en conservant une bonne stabilité dimensionnelle.
L’iroko complète cette liste des essences recommandées : moins coûteux que le teck, il possède des propriétés proches et vieillit bien en milieu humide. Ces bois exotiques doivent leur réputation à une densité élevée qui limite l’absorption d’eau par les fibres.
Bois européens traités
Le chêne, moins naturellement résistant que les essences tropicales, peut néanmoins convenir à une salle de bain s’il reçoit un traitement adapté. Il faut alors compter sur des huiles ou vernis spécifiques pour compenser sa porosité naturelle. Ce choix reste moins fiable sur le long terme qu’un bois exotique, mais séduit pour son coût et son aspect plus classique.
Traitements et finitions indispensables

Aucune essence, même exotique, ne se dispense d’une finition protectrice. L’huile, dont l’application est détaillée dans notre guide sur comment appliquer l’huile de lin pour protéger le bois, pénètre dans les fibres du bois et renforce sa résistance naturelle à l’eau tout en conservant un aspect mat et naturel. Le vernis crée une pellicule de surface plus imperméable, avec un rendu brillant ou satiné, mais nécessite un ponçage complet en cas de rénovation.
Le traitement hydrofuge s’applique en complément, souvent sous forme de saturateur ou de lasure spécifique aux pièces humides. Il doit être renouvelé périodiquement pour maintenir son efficacité, particulièrement autour de la baignoire et de la douche où les projections sont les plus fréquentes.
Les techniques de pose recommandées
La pose collée reste la plus fiable pour une salle de bain : elle limite les infiltrations sous les lames et assure une meilleure stabilité face aux variations d’humidité. La pose flottante, plus rapide et économique, convient surtout aux parquets contrecollés ou stratifiés, à condition d’utiliser un sous-couche étanche.
La technique du pont de bateau, héritée de la construction navale, mérite une attention particulière : elle utilise un joint noir étanche entre chaque lame pour empêcher l’eau de s’infiltrer dans les interstices. Cette méthode, historiquement conçue pour résister aux embruns, reste l’une des plus sûres pour un usage intensif en pièce humide.
| Type de parquet | Résistance à l’humidité | Épaisseur usuelle | Budget |
|---|---|---|---|
| Parquet massif | Bonne si essence exotique | 14 à 22 mm | Élevé |
| Parquet contrecollé | Correcte avec finition | 10 à 15 mm | Moyen |
| Stratifié hydrofuge | Bonne en surface uniquement | 7 à 12 mm | Accessible |
Parquet massif, contrecollé ou stratifié hydrofuge : lequel choisir ?
Le parquet massif offre la meilleure longévité et peut être poncé plusieurs fois au cours de sa vie, ce qui justifie son coût plus élevé. Le parquet contrecollé, composé de plusieurs couches de bois croisées, présente une meilleure stabilité dimensionnelle face aux variations d’humidité, tout en conservant une couche noble en surface.
Le stratifié hydrofuge constitue une alternative intéressante pour les budgets contraints ou les projets de rénovation rapide. Sa couche de surface résiste bien aux éclaboussures, mais il ne supporte pas une immersion prolongée ni les infiltrations sous les lames. Sa classe d’usage doit toujours être vérifiée pour s’assurer qu’elle correspond à un usage en pièce humide.
Négliger les joints de finition en périphérie de pièce. Sans joint silicone entre le parquet et les zones d’eau (baignoire, douche, pied du lavabo), l’humidité s’infiltre par les côtés même si le sol lui-même est traité. Ce détail, souvent oublié, provoque un gonflement localisé en quelques mois seulement.
Entretien et prévention de l’humidité

L’entretien parquet en salle de bain repose sur deux principes complémentaires : limiter l’humidité stagnante et renouveler les protections de surface. Une ventilation adaptée pour une salle de bain (extracteur, VMC ou solution naturelle) reste la première défense contre la condensation qui s’accumule après chaque douche. L’aération quotidienne, même quelques minutes, réduit considérablement le taux d’humidité résiduel.
Essuyer les zones les plus exposées après chaque utilisation évite que l’eau ne stagne sur les lames. Un nettoyage avec des produits non agressifs, sans excès d’eau, préserve la finition en place. Le renouvellement de l’huile ou du vernis, généralement une à deux fois par an selon l’usage, garantit une résistance à l’humidité constante dans le temps.
Vidéo : la pose en pont de bateau expliquée
Pour visualiser concrètement la technique du pont de bateau et la pose des joints noirs, une recherche vidéo sur ce type de pose permet de mieux appréhender les gestes techniques avant de se lancer, notamment le calibrage des joints et le temps de séchage entre chaque étape.