Le figuier fait partie des arbres fruitiers qu’on taille peu, mais qu’on taille mal quand on ne connaît pas les bons repères (un peu comme pour savoir quand tailler les pommiers selon la saison et l’âge de l’arbre). Couper au mauvais moment, c’est risquer de sacrifier une partie de la récolte de l’année, voire de fragiliser l’arbre pour les saisons suivantes. Voici la période exacte à respecter et la méthode à suivre selon l’âge de votre figuier.
Quand tailler un figuier : la meilleure période selon l’âge de l’arbre
La règle générale veut qu’on taille le figuier en fin d’hiver, hors période de gel, juste avant que la sève ne remonte. Concrètement, cela correspond à la période allant de février à début avril selon les régions, avec un pic d’activité en mars-avril dans la plupart des zones tempérées. L’objectif est simple : intervenir quand l’arbre est encore au repos, mais suffisamment tard pour éviter les derniers coups de froid qui pourraient endommager les plaies de coupe.
Attendre la fin des gelées n’est pas un détail. Une coupe réalisée trop tôt, en plein hiver, expose les branches à un gel qui noircit les tissus autour de la plaie et retarde la cicatrisation. C’est pourquoi mieux vaut patienter un peu, quitte à tailler un peu plus tard que prévu, plutôt que de se précipiter dès les premiers redoux de janvier.
Taille du jeune figuier (formation)
Sur un jeune sujet, la taille de formation vise à construire une structure équilibrée avant l’entrée en production. Les premières années, on sélectionne trois à quatre charpentières bien réparties autour du tronc, en supprimant celles qui se croisent ou qui poussent vers l’intérieur. Cette intervention se fait aussi en fin d’hiver, hors période de gel, pendant que l’arbre n’a pas encore démarré sa montée de sève.
Il ne faut pas chercher à aller trop vite. Un figuier bien formé les trois ou quatre premières années donnera ensuite une couronne aérée et facile à entretenir, sans avoir besoin de coupes drastiques plus tard.
Taille du figuier adulte (entretien annuel)
Pour un arbre déjà formé, la taille d’entretien consiste surtout à retirer le bois mort, les branches malades et les rejets qui poussent au pied ou le long du tronc. On profite aussi de ce passage pour raccourcir légèrement les rameaux trop longs et supprimer les gourmands qui puisent de l’énergie sans produire de fruits. Cette taille légère se fait chaque année, toujours en fin d’hiver, et suffit généralement à maintenir un figuier productif et bien équilibré.
Comment tailler son figuier pour favoriser les fruits
Le figuier présente une particularité qu’il faut connaître avant de sortir le sécateur : de nombreuses variétés sont bifères, c’est-à-dire qu’elles produisent deux récoltes par an. La première, dite des figues-fleurs, se forme sur le bois de l’année précédente et arrive en début d’été. La seconde apparaît sur les pousses de l’année en cours et mûrit en fin d’été ou en automne. Tailler trop sévèrement au printemps supprime donc une partie des figues-fleurs déjà en place sur les rameaux de l’an passé.
Pour préserver cette double fructification, on se contente d’éclaircir la couronne sans raccourcir systématiquement tous les rameaux. L’idée est de favoriser l’aération de la couronne : supprimer les branches qui s’entrecroisent, celles qui poussent vers le centre de l’arbre, et laisser les rameaux périphériques porter les figues-fleurs. Un sécateur bien affûté est indispensable ici, car une coupe nette limite les risques de maladies et accélère la cicatrisation, contrairement à une coupe écrasée qui laisse le bois s’abîmer.
Le figuier produit un latex irritant au niveau des plaies de coupe, il vaut mieux porter des gants et éviter tout contact avec les yeux ou une peau sensible pendant l’opération.
Tailler un vieux figuier trop haut : la taille de rajeunissement

Quand un figuier devient trop haut, trop dense ou qu’il produit de moins en moins, une taille sévère de rajeunissement permet de relancer la vigueur de l’arbre. Cette opération, aussi appelée rabattage, consiste à couper les charpentières principales assez court, en laissant des chicots de quelques dizaines de centimètres depuis lesquels de nouvelles pousses vont repartir.
Ce type d’intervention se pratique également en fin d’hiver, avant la montée de sève, et il vaut mieux l’étaler sur deux ou trois ans plutôt que de tout rabattre en une seule fois. Un figuier réagit bien à ce genre de coupe drastique, mais une taille trop brutale d’un coup peut affaiblir durablement un sujet déjà âgé. Après un rabattage, l’arbre sacrifie généralement sa récolte l’année suivante au profit de la reconstitution du bois.
| Type de taille | Période | Objectif |
|---|---|---|
| Formation (jeune arbre) | Fin d’hiver, hors gel | Construire les charpentières |
| Entretien (arbre adulte) | Fin d’hiver, mars-avril | Aérer, retirer bois mort et rejets |
| Rajeunissement (vieil arbre) | Fin d’hiver, sur 2-3 ans | Relancer la vigueur |
Les erreurs à éviter pour ne pas ruiner la récolte
La première erreur consiste à tailler en automne ou en plein hiver, quand le gel menace encore : les plaies cicatrisent mal et le bois peut noircir sur plusieurs centimètres autour de la coupe. La deuxième erreur, très fréquente, est de raccourcir systématiquement tous les rameaux comme sur un arbre fruitier classique, ce qui supprime une grande partie des figues-fleurs et réduit la première récolte de l’été.
Laisser proliférer les rejets et les gourmands sans les retirer chaque année est aussi une erreur qui épuise l’arbre inutilement, au détriment des fruits. Enfin, tailler avec un outil mal affûté ou sale favorise l’entrée de maladies par les plaies, un point souvent négligé alors qu’il conditionne la bonne cicatrisation.
La bonne question avant de couper : bac ou pleine terre ?
Un figuier cultivé en bac supporte moins bien une taille sévère qu’un sujet en pleine terre, car son système racinaire limité récupère plus lentement. Sur un figuier en pot, mieux vaut privilégier des interventions légères et régulières plutôt qu’un rabattage brutal, même si l’arbre semble à l’étroit.
Choisir des variétés adaptées à son climat facilite aussi la gestion de la taille, certaines variétés bifères réagissant mieux aux coupes que d’autres selon la rigueur des hivers locaux. En respectant la période de fin d’hiver, hors gel, et en évitant les coupes trop sévères sur le bois porteur de figues-fleurs, on obtient généralement une récolte abondante sans compromettre la santé de l’arbre sur la durée.